L'amour courtois
Dans ce lai, Marie de France reprend les grands thèmes de l’amour courtois. Nous abordons tout d’abord l’aspect de l’impossibilité/l’interdiction de l’amour. Puis nous analysons la relation vassalique entre le jeune homme et la fille, suivie du côté pur et idéalisé de l’amour courtois. Nous finissons, comme l’histoire, avec l’idée de mourir d’amour.

L'amour impossible (1)
Dès le départ de l’histoire, l’amour entre le fils du comte et la fille du roi est certes sincère et partagé, mais il se heurte à une réalité sociale. Ils ne peuvent pas se marier, à moins que le garçon ne termine la tâche du roi. Étant donné qu’il est trop frêle pour y arriver, l’amour est devenu à la fois interdit et impossible. Souvent dans l’amour courtois, les amants doivent contourner les obstacles imposés, comme c’est la cas ici.

La relation vassalique
Dans Les Deux Amants, la relation vassalique est avant tout montrée par le rang social inférieur du jeune homme (suzerain), bien que fils d’un comte, vis-à-vis la fille du roi (souverain). De plus, pour la mériter, le jeune homme doit se dépasser pour prouver sa loyauté/son amour.
En outre, la fille est active et déterminée. Elle refuse de fuir de son père et prend des mesures afin de résoudre leur ‘problème’ en demandant une potion pour donner au garçon la force nécessaire. Quelque part, il y a donc une recherche d’équilibre dans leur relation : la fille n’est pas passive en attendant dans la haute tour son prince charmant, non, elle l’aide. Le jeune homme l’accepte, ainsi respectant la volonté féminine (jusqu’à ce qu’il ne le fait plus, voyez Hybris). Alors, la relation entre les deux est caractérisée par un côté profondément vassalique, ainsi l’inscrivant dans le topos de l’amour courtois.

L'amour pur, idéalisé
L’amour dans ce lai est présenté comme total et sincère. Le jeune homme, bien que physiquement faible, est prêt à tout pour sa dame. Son refus de boire la potion par orgueil et par amour montre qu’il veut mériter l’amour de la fille par ses propres forces. Cette épreuve physique est en fait une métaphore de l’amour idéal : plus un homme souffre pour une femme, plus son amour est fort et vrai. La mort du chevalier au sommet de la montagne souligne cette idée : il meurt d’épuisement, mais son amour ne faiblit pas. En effet, il incarne l’amour sacrificiel.
Sources:
(1) Les sous-titres sont tirées de : Céline Zaepffel, Séance 4, Littérature médiévale [cours de B1], Leiden Universiteit, cours 4, 3-3-2026, diapo 25.
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